Karaté - Budo  
  Eléments essentiels à la compréhension du karaté  
 

karaté

 
   
  >> Stage Luca Valdesi 27/11/2016 à Mons english français
Table des matières
Principes de combat
 
  Introduction
  Histoire
  Styles de karaté
  Filiation des styles
  Objectifs du karaté
  Kihon, kata, kumité
  Principes physiques
  Analyse des kata
  Principes de combat
  Agression et stress
  Kumité en pratique
  Points sensibles
    Tête et cou
    Thorax et abdomen
    Membres
  Zen et karaté
    Japon et sacré
    Bouddhisme
    Zen
  Karaté et vide
  Préceptes
  Citations
  Conclusions
  Références
  Auteur
  Contact
  Le livre
   
Annexes
    Noms de kata
    Lexique kumité
    Lexique karaté
    Liens utiles
    Calendrier JKA
    Calendrier FFKAMA
    Clubs karaté Belges
    Kata Shotokan
    Kata Shitoryu
    Kata Goju-ryu
    Kumités
    Budo
    Amenées au sol
    Préparation physique
    Réanimation
    Plan du site

 

 

1. Combats de parade ou de survie

Le combat de parade est une situation où deux individus tentent d'imposer leurs supériorités. Il s'agit d'un type de combat fréquent chez les animaux afin de désigner le chef d'un groupe ou le mâle reproducteur. Ce type de combats n'a en général pas pour objectif de blesser gravement l'adversaire. Les kumités de compétition sont à considérer comme des combats de parade.

Le combat de parade est une situation où deux individus tentent d'imposer leurs supériorités. Il s'agit d'un type de combat fréquent chez les animaux afin de désigner le chef d'un groupe ou le mâle reproducteur. Ce type de combats n'a en général pas pour objectif de blesser gravement l'adversaire. Les kumités de compétition sont à considérer comme des combats de parade.

karaté-kumité

Les combats de survie sont fréquents entre différentes espèces animales par exemple, entre un zèbre et un lion ou un loup et un mouton. Par contre, ces combats sont peu fréquents entre des animaux de même espèce. L'homme fait malheureusement exception à la règle avec notamment les guerres et les meurtres.

Les stratégies et les techniques employées devront être adaptées en fonction du type de combats. Dans le kumité de compétition, les points dits vitaux, à l'exception des moins dangereux, seront évités. De plus, les frappes seront contrôlées sous peine de disqualification. Les techniques utilisées sont très simples et peu nombreuses. L'objectif est souvent de travailler l'explosivité et la vitesse afin de surprendre l'adversaire, marquer le point pour ensuite reprendre une distance de sécurité et éviter d'être contré.

À l'inverse, dans un combat de survie, les points vitaux seront recherchés et les frappes seront portées à pleine puissance. Evidemment, aucune règle n'est applicable et tout objet utile pourra être employé. Cette dernière situation relève du karaté martial. Les applications des katas s'apparentent à des situations de self défense et de close combat très utiles en combat de survie.

2. Distance de combat (maai)

karaté - maai La distance de combat entre les deux "adversaires" est un élément déterminant :
- Elle peut être longue, on parle de « distance de sécurité ». C’est-à-dire que l'adversaire ne peut vous toucher directement mais doit au moins réaliser deux pas pour vous atteindre.
- Elle peut être moyenne, c’est-à-dire que l'adversaire peut vous atteindre en un pas.
- Elle peut également être courte. On parle alors de « corps à corps ».

En fonction de la distance, les techniques devront être adaptées. A longue distance, on réalise souvent un pas d'appel pour rompre la distance de sécurité. Ce pas est classiquement couplé à une feinte d'attaque (exemple: kisami tsuki ou hiza geri) qui peut également servir de protection. Ensuite, une ou plusieurs attaques sont enchaînées en avançant. A moyenne distance, les techniques sont souvent les mêmes mais elles sont réalisées directement sans pas d'appel. A courte distance, les techniques doivent être adaptées. On utilisera par exemple des enpi, des ura tsuki, des hiza geri, des saisies, des clés, des balayages, des projections, etc.

Les distances devront être adaptées à l’adversaire et à vos capacités.
Si votre adversaire est un spécialiste du judo ou du muay tai, il est peut être préférable de choisir une distance longue (frappes suivies d'un retour rapide à une distance de sécurité).
Si votre adversaire est très rapide, une distance longue est parfois utile afin d'avoir le temps de réagir et d'organiser votre contre.

Si l'adversaire est grand, il convient peut être de travailler très prêt (à mi-distance ou au corps à corps), afin de ne pas être à sa portée sans pouvoir riposter. De plus, de longs bras ou de longues jambes s'avèrent être un handicap à courtes distances.

Si votre adversaire est plutôt lourd et puissant, il conviendra plutôt de travailler à longue distance, frapper rapidement et repartir immédiatement. Mais il n'y a pas de règle absolue, il faut aussi tenir compte de vos habitudes et aptitudes.

3. Enchaînements

A distance de sécurité, il est souvent aisé de bloquer un ou deux coups. Cela devient plus compliqué, lorsque trois ou quatre attaques sont enchaînées. Le travail de uke se complique encore si tori travaille sur des niveaux différents: jodan, chudan et gedan et s'il varie le type de frappe: tsuki, geri, enpi, hiza, etc.
En corollaire, s'il est important pour tori d'enchaîner différents types d'attaques à plusieurs niveaux et il est vital pour uke d'esquiver, de bloquer et de contrer quasi simultanément afin de ne pas se laisser déborder. Dans un état d'esprit "go no sen", uke doit penser à la contre-attaque plus qu'au blocage. Dans un état d'esprit "sen no sen", uke doit anticiper l'attaque. La contre-attaque et le blocage doivent être simultanés et aboutir avant que tori n'ait eu le temps de développer son attaque.

4. Surprise et feintes

Une fraction de seconde est souvent la seule différence entre un coup gagnant ou perdant. Il est donc utile:
- de profiter de la moindre distraction ou d'un déséquilibre de votre adversaire (par exemple à l'occasion d'un bruit, en le repoussant vers une marche, en lançant un objet, ...)
- de simuler une attaque (par exemple en kizami tsuki ou en hiza geri) pour ralentir la réaction d’uke ou ouvrir une porte dans sa garde.
- de distraire ou de déséquilibrer uke par un d'ashi barai avant d'attaquer.

A chacun de trouver ses enchaînements d'attaques favoris éventuellement couplés à une feinte ou un déséquilibre. Ceux-ci devront être aussi fluides et rapides que possible. Ils devront être naturels et surtout répétés encore et encore jusqu'à ce qu'ils deviennent des automatismes, des réflexes applicables en situation de stress.

5. Déplacements et esquives

Très souvent les attaques s'effectuent en avançant et les défenses en reculant en ligne droite. En reculant rapidement de la sorte, uke parvient souvent à se mettre à distance de sécurité. Mais dans cette situation, il lui sera très difficile de porter une contre-attaque efficace. Pour éviter cela, uke peut travailler l'esquive latérale (tai sabachi). Ainsi, il se retrouvera à proximité de tori, soit à l'extérieur, soit à l'intérieur de l'attaque. Il pourra alors rapidement enchaîner sur un contre avec une attaque de poing ou de pied. Notons que des esquives externes mettront uke dans une situation plus sûre car les possibilités d’enchaînements de tori seront plus restreintes. De plus, cette position ouvre des angles d'attaques intéressant pour uke (par exemple : un fumikomi au genou, un ura tsuki sur le versant axillaire des dernières côtes, un shuto en sous angulo-mandibulaire, un haito au larynx ou un mawashi tsuki à la tempe, ...). Ces esquives latérales permettent d'enchaîner sur une contre-attaque alors que tori est encore en train d'avancer. Ceci décuple l'efficacité de la contre-attaque.

Les déplacements rapides d'arrière en avant doivent également être travaillés avec ou sans esquive. Cet entraînement permettra à uke de surprendre tori avant que ce dernier n'ait eu le temps de reculer. Pour cela, uke doit garder la volonté d'aller de l'avant surtout lorsqu'il recule pour bloquer. Cela peut se traduire par un poids de corps porté essentiellement sur la jambe avant, genou fléchi au-dessus des orteils. Ainsi, uke sera capable d’avancer très rapidement en contre.

Autre possibilité, uke absorbe légèrement pour contre attaquer quasi simultanément en restant très proche de tori.

Ce travail de distance, ces esquives et ces déplacements ne sont pas forcément naturels. Ils doivent être travaillés et répétés jusqu'à ce qu'ils deviennent des sensations, des réflexes applicables en situation de stress.

Le sommet de l'art est atteint en sen no sen. Il s'agit d'anticiper l'attaque de tori. À l'instant où tori initie son attaque, uke avance en bloquant et en contre attaquant simultanément (par exemple : dans le bunkai de Pinan ou Heian yondan, le kosa uke peut correspondre à un gedan barai avec tsuki simultané pour contrer un mae geri au moment de son armement).

6. Relaxation musculaire, kimé et kiai

Le combat est une situation de stress qui entraîne une préparation réflexe du corps à un effort physique : sécrétion d'adrénaline, de corticoïde, élévation de la fréquence cardiaque et respiratoire, de la tension artérielle, de la température corporelle, etc.

Paradoxalement, il est important que l'esprit et le "cœur" (kokoro) restent sereins et concentrés. Cela doit se traduire par une relaxation musculaire indispensable à l'exécution de mouvements rapides. Des contractions simultanées des muscles agonistes et antagonistes sont susceptibles de ralentir le mouvement. La relaxation musculaire accroît la vitesse d'un coup et donc de son énergie cinétique.

À l'instant de l'impact, il est par contre important de contracter le corps afin d'éviter son "écrasement", son impaction sur le corps de l'adversaire (ex recul de l'épaule, hyperflexion du poignet). Le corps de tori doit devenir un objet indéformable et inélastique au moment de l'impact. Ainsi, l'ensemble son énergie cinétique sera transférée à uke. Cette contraction du corps est souvent assimilée au kimé indissociable du karaté.

Le kiai aide à obtenir un bon kimé. Il se traduit physiquement par un bruit, un son expiratoire provenant d'une contraction des muscles abdominaux qui contribuent à tonifier, rigidifier, contrôler et stabiliser le corps de tori au moment de l'impact.

7. Synchronisation

La synchronisation des mouvements du corps est primordiale en karaté car elle accroît l'énergie cinétique d'un coup en augmentant la masse et la vitesse. Ainsi, lors d'un gyaku tsuki, la rotation des hanches et du tronc, l'extension du coude et la rotation du poing doivent terminer leurs courses au même instant, c'est-à-dire à l'impact, de sorte qu'à ce moment la vitesse du poing soit maximale.

Dans le cas contraire, par exemple si la rotation des hanches se termine avant l'impact, ce mouvement permet certes d'aller plus loin mais n'augmente pas la vitesse du poing. Car au moment de l'impact, la vitesse de rotation des hanches est égale à zéro.

En ce qui concerne la rotation du poing, elle doit s'effectuer à la fin du mouvement d'extension du coude pour les mêmes raisons. Dans le cas contraire, cette rotation n'augmente pas la vitesse du poing à l'impact. De plus, les muscles mis en œuvre lors de l'extension du coude avec le poing en supination sont plus puissants. Pour vous en convaincre, tentez de repousser votre partenaire en partant du hikite avec le poing en supination et en pronation. La démonstration se passe de commentaire: la force et donc l'accélération potentielle sont nettement plus importantes lorsque le poing reste en supination jusqu'au dernier instant.

Autre exemple, lors du gyaku tsuki chudan poing légèrement oblique vers le bas une discrète flexion du genou antérieur à l'instant où le coup est porté majore la vitesse et la masse sous l'effet de la pesanteur.

Dernier exemple, lors d'un oi tsuki en avançant en zenkutsu dachi la synchronisation est primordiale. En effet, le poing doit arriver sur sa cible une fraction de seconde avant que le pied avant ne touche le sol. Ainsi, la masse du poing à l'impact sera nettement plus importante. Pour vous en convaincre, positionnez-vous en zenkutsu bras tendu en oi tsuki en appuyant les kentos sur un mur. A ce moment, décoller très légèrement le pied avant du sol et sentez l'importante élévation de pression sur les kentos. Encore une fois, l'expérience se passe de commentaire.

Ces décompositions et réflexions peuvent s'appliquer à tous les mouvements de karaté pour tenter de mieux les comprendre... A vous de jouer.

karaté - synchronisation